Initiative du 25.9 contre l’élevage intensif

La position de la FSEH

Portée par une large alliance, l’initiative dont le slogan est « sortir de l’élevage industriel » sera soumise au vote populaire le 25 septembre prochain.

Si fondamentalement, le respect des animaux de rente est une posture à saluer et à encourager, la FSEH ne soutient pas cette initiative pour les raisons développées ci-dessous.

Etat de la protection des animaux en Suisse

L’élevage indigène se caractérise déjà par un niveau de bien-être très élevé, assuré par un système de contrôle efficace. L’Ordonnance sur les effectifs maximaux existe déjà depuis 1979 et ne permettent pas l’élevage de masse, inexistant en Suisse.

Risque d’augmentation des importations

L’application généralisée de règles plus contraignantes en production animale signifierait une capacité de production inférieure pour la Suisse, comparée à ce qu’elle est aujourd’hui. En revanche, la consommation ne va pas diminuer, ce qui entraînerait une augmentation des importations pour satisfaire la demande. Une augmentation des importations signifie une consommation de produits issus d’animaux moins bien protégés, une augmentation des transports et leurs conséquences sur le climat ainsi qu’une augmentation des risques sanitaires. En résumé, une production locale est écologiquement plus responsable.

Renchérissement de la nourriture

Une diminution de l’offre indigène de bien de consommation issus de l’élevage entraînerait une hausse des prix car les coûts de production seront plus élevés. Une hausse des prix risque d’augmenter le tourisme d’achat, déjà estimé à 5 milliards de francs en Suisse. Des projections parlent d’une augmentation possible de 20 à 40 % de ce phénomène qui entraîne des pertes importantes pour l’économie et les emplois.

Existence de labels

L’offre pour des produits qui font la promotion et assurent le bien-être animal existe déjà (Bio, Demeter, IP-Suisse, Naturabeef, NaturaVeal, Swiss Prim Beef, SwissPrim Porcs, Naturafarm, WeideBeef, etc.). Une augmentation des importations, de produits qui ne pourraient pas répondre aux mêmes exigences, limiterait la liberté de choisir son produit.

Impacts sur le territoire

Ces nouvelles contraintes entraîneront une diminution du nombre d’actifs dans l’élevage. En conséquence, bon nombre de surfaces ne seront plus exploitées et auront un effet négatif sur la qualité du paysage, la gestion des dangers naturels, l’occupation du sol et le patrimoine culturel lié à l’élevage. En résumé, cette initiative nuira à la biodiversité valaisanne, tant animale que paysagère.

Particularité des races autochtones

L’élevage des races autochtones bovines, ovines et caprines élevées en Valais est extensif par nature. Ces troupeaux de taille moyenne pâturent à l’air libre la moitié de l’année et souvent à haute altitude. Ce type d’élevage n’est donc pas concerné par les travers que l’initiative souhaite éviter. 

Conclusion

Si l’on souhaite conserver des produits suisses compétitifs, avec tous les avantages environnementaux, économiques et sociaux que cela procure, il ne faut pas imposer des coûts de production plus élevés. Et encore plus qu’un vote, un choix responsable de sa consommation permettra de continuer de produire une alimentation issue de l’élevage indigène, dans le respect des animaux.